Chroniques d'une vie d'artiste : épisode 26


maquilleuse artistique bodypainting

Quand on me demande ce qui m'a donné envie d'être artiste maquilleuse à temps plein, j'ai deux versions : une plutôt courte, et l'autre franchement longue.


Alors je vais essayer de répondre à cette question posée par Marine-Anaïs : suis-je la même personne depuis toujours?

Pour moi, prendre le temps de répondre à des questions de mon adorable communauté est primordial!

Cette question m'a forcément fait réfléchir et j'en suis arrivée à cette réponse simple : je pense avoir évolué en ayant gardé le même fond.

J'ai toujours mené une vie qui me donnait envie : des études de danse rapidement abandonnées car avec mon cher et tendre Mr Pastel nous souhaitions être de jeunes parents, un bébé, des voyages, un deuxième bébé, une vie sous les tropiques, un troisième bébé et un retour en France, un métier qui me plaisait, un cadre de vie enchanteur, bref... je n'ai jamais accepté des choses que je ne voulais pas!

J'ai un fort caractère, je sais où je vais, ce que j'aime et ce que je n'aime pas. C'est mon fond de commerce!


Pour être transparente, un évènement capital a cependant changé le cap de ma vie.


L'évènement qui a tout changé

J'étais professeur de danse à Chamonix depuis presque 10 ans, tout allait bien dans le meilleur des mondes, mes élèves semblaient heureuses dans mes cours et je pensais être heureuse également. Une hygiène de vie plutôt saine, du sport, de l'amour, une activité professionnelle sympathique...


Et un jour, sans aucune raison, en repartant d'un cours de danse, j'ai ressenti une immense fatigue dans le côté droit de mon corps. J'ai peiné à monter les escaliers, j'ai porté ma jambe droite pour monter en voiture, j'étais épuisée.

Le lendemain, j'ai commencé à me déporter sur la droite en marchant, je me cognais partout.

Puis, j'ai eu du mal à bouger mon bras droit, à me mettre debout, à me repérer dans l'espace... j'accède le récit, mais tu comprends à quel point était étrange, déroutant et inquiétant!


Pendant un mois et demi, j'ai vécu en grande majorité à 4 pattes. Pour te donner une idée, j'étais incapable de toucher mon nez avec mes mains quand je fermais les yeux car je n'avais aucune idée d'où il était sur mon visage! C'était très frustrant.


Bien entendu, j'ai passé toute une batterie d'examens médicaux, j'ai même changé de médecin généraliste car elle parlait de me faire interner car je refusais de prendre un traitement anti anxiolytique... personne ne trouvait rien, si ce n'est la Kiné qui ressentait tous les spams musculaires que je décrivais. Je n'étais donc pas folle!


Petit à petit, mon corps a repris connaissance. J'ai réussi à me remettre debout, à faire plusieurs pas, à couper ma nourriture seule, à conduire, bref à retrouver un semblant de vie normale!


Et là, il a bien fallu que je réfléchisse à ce qui venait de se produire et que je prenne des décisions, notamment celle de ne pas continuer à dispenser des cours de danse. Non pas pour des raisons physiques, mais pour des raisons personnelles : cela ne me convenait plus, on m'en demandait toujours plus pour toujours moins.


Le changement

J'ai donc démissionné, je n'ai eu aucune rupture conventionnelle, je suis partie sans rien... le prix de la liberté est parfois cher à payer!

J'ai commencé le yoga, me disant que j'allais tout déboîter grâce à mon passé de danseuse et ma souplesse... que nenni! Le professeur devait venir me décoincer dans certaines postures car mon côté droit faisait encore des siennes!

J'ai pris le temps de me reconstruire, de respirer, de remercier mon corps de me permettre de reprendre mes activités physiques.


J'ai accepté de ne pas être invincible, de ne pas être intouchable.

J'ai accepté un poste d'AVS (assistante de vie scolaire) dans différentes écoles de ma vallée. J'ai donc aidé et accompagné des enfants en difficulté et des enfants handicapés, de la petite section maternelle à la classe de 5ème au collège, en étant à leurs côtés en classe, pendant 3 ans.

Cela me permettait d'avoir du temps à côté pour ma vie perso et ma vie de famille... et j'ai commencé à prendre les pinceaux, sans rien y connaître.


La décision

Après avoir été embauchée une première fois en tant que maquilleuse, plusieurs autres contrats se sont enchaînés et petit à petit, le temps qui n'était pas alloué à l'école est devenu du temps de maquillage... tant et si bien que je n'avais plus du tout de temps disponible!

J'ai même été couverte par mes collègues d'école lors de quelques absences pour des contrats vraiment cool en maquillage.

Il n'était pas question de retomber dans un quelconque épuisement ni de jouer sur les deux tableaux.

La veille de signer à nouveau mon contrat annuel pour les écoles, mon cher et tendre Mr Pastel m'a encouragé à ne pas y retourner. Quelques collègues également, conscientes que ma place n'était pas sur les bancs de l'école.


J'ai donc pris la meilleure décision de ma vie à ce moment-là : me faire confiance et ne plus retourner à l'école.


Ce qui en a découlé

Depuis septembre 2015, date de cette décision ô combien importante, je suis à la tête de mon entreprise Mamzelle Pastel.


J'ai maquillé des milliers d'enfants, des dizaines de femmes enceintes, des poitrines, des pieds, des mains et des décolletés, des corps entiers et des visages.


J'ai maquillé sur des pistes de ski, dans des centres commerciaux, sur un bateau, dans des hôtels 5 étoiles, dans un casino, dans des magasins, dans un parc animalier, dans des restaurants, sur des places de villages, dans des fêtes d'école, dans des anniversaires, dans des mariages, dans des boîtes de nuit, dans des parcs archéologiques, dans un musée...


J'ai été professeur de bodypainting dans une école (fermée aujourd'hui).

J'ai appris à des particuliers, à des lycéennes, à des mamans, à des employées de crèche à maquiller.


J'ai ouvert des comptes sur différents réseaux sociaux pour promouvoir cet art trop méconnu et permettre à d'autres de trouver des renseignements qui m'ont fait défaut à mes débuts.


J'ai créé un magazine, un blog, un podcast, des cours en ligne, des séances d'accompagnement pour les artistes.

J'ai appris à rédiger, communiquer, filmer, promouvoir, gérer mes clients, facturer, établir des devis, démarcher... et ce n'est pas terminé!


Alors oui : je peux dire que je suis restée la même personne en faisant évoluer mes priorités.

Plus les années passent et plus je suis consciente de ce qui me fait vibrer et de ce qui est bénéfique. C'est le travail d'une vie que d'être en harmonie avec soi-même, et c'est un travail qui méplat beaucoup! On me dit souvent que je suis très alignée avec mes valeurs, avec ce que je prône et avec qui je semble être, et je ne peux qu'acquiescer!


Et toi? Comment tu te situes? Te sens-tu aligné.e? As-tu l'impression d'avoir changé.e? Au plaisir de lire ton parcours!






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